L’histoire

Un ancien ministre et sénateur et un nouveau député, de bords politiques différents, dressent le même constat : celui d’un pouvoir législatif à la fois hyperactif et impuissant. Plus il adopte de normes, moins il est capable d’en contrôler l’application. C’est la malédiction du dernier kilomètre : la volonté du législateur se perd dans les méandres de l’action publique et n’atteint pas le citoyen.

La crise sanitaire due à la Covid-19, à l’instar de toute crise, est une opportunité : celle d’inverser la tendance. Depuis des décennies, la machine à produire de la norme tourne à plein régime. Parallèlement, la machine à appliquer ces normes est grippée, embolisée, focalisée sur elle-même au lieu de servir ceux qu’elle concerne. Il est temps de retourner la table.

Au bavardage législatif, substituons l’élagage de l’intention : le résultat attendu. Aux contrôles de conformité qui font perdre de vue le sens de l’action publique, substituons l’évaluation du résultat et la capacité d’adaptation.

Les citoyens, de la périphérie où ils sont cantonnés en étant priés de se soumettre à une complexité kafkaïenne, doivent revenir au centre de l’action publique, d’où ils n’auraient jamais dû être écartés.

A partir de ce monde à l’envers qu’illustrent nombre d’anecdotes et récits d’expérience, deux témoins proposent une révolution copernicienne. Elle consiste en quelques principes simples :

  • pour les administrations, l’obligation de travailler de façon conjointe et solidaire au lieu de fonctionner en « silos » et d’entretenir des rivalités de clochers ;
  • pour les décideurs locaux, la possibilité de déroger à la lettre de la loi si c’est pour en mieux respecter l’esprit ;
  • pour tous, la liberté de faire tout ce qui n’est pas explicitement interdit plutôt que l’empêchement de tout ce qui n’est pas explicitement autorisé.

Évoquons sans détour ce qui ne fonctionne pas ou fonctionne mal dans notre belle démocratie en crise. Cela se résume souvent des querelles de personnes ou de statuts qui sont mises en scène : politiques contre fonctionnaires, État contre collectivités, énarques contre « France d’en bas… » Ces combats divertissent mais ne mènent à rien, sinon à perpétuer l’immobilisme. C’est d’un autre combat qu’il s’agit : non pas entre nous, mais contre nous-mêmes. Responsables politiques, observateurs de la vie publique, serviteurs de l’État : nous devons nous interroger collectivement sur notre incurie collective.

Sous un format inédit, les deux intervenants croisent leurs regards, celui de l’averti et celui du novice.

En quatorze épisodes de deux minutes environ, de courtes prises de parole illustrées se succèdent : retours d’expérience et analyses, anecdotes et apports pédagogiques conduisent aux solutions législatives livrées au débat.